Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a exprimé des accusations sévères mardi, visant Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, pour son usage politique d'une tragédie récente. Ce dernier a été critiqué pour avoir « importé » sa campagne municipale à Nice au motif de l'agression d'une nonagénaire, victime d'un viol, dont le suspect est un Tunisien en situation irrégulière.
« Vous exploitez le malheur de cette famille », a déclaré Lecornu lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, suscitant l'enthousiasme des députés du bloc central ainsi que de La France insoumise. Ce débat tumultueux a été lancé lors d'une question de Ciotti concernant l'incapacité du gouvernement à expulser les individus en situation irrégulière et à assurer la protection des citoyens.
« Qu'attendez-vous pour agir ? »
En réponse aux accusations de Ciotti, qui a évoqué un manque d'actions de la part de l'exécutif, Lecornu a rétorqué avec indignation : « Pourquoi, dans une heure, allez-vous censurer le budget des ministères de l'Intérieur, de la Justice et des Armées ? » Interpellant Ciotti directement, il a demandé : « Qu'attendez-vous pour agir ? Plutôt que de bloquer, que d'entraver ? »
Le Premier ministre a continué, déclarant qu'il était « insupportable de faire un recel d'émotions » et a critiqué l'attitude de Ciotti qui, selon lui, tentait de tirer profit d'une tragédie. En réponse, Éric Ciotti a réagi en qualifiant cela de « scandale », regrettant l'absence de réconfort de la part de Lecornu envers la victime et sa famille. Sur son compte X, il a demandé des excuses du Premier ministre, le qualifiant de responsable de la situation actuelle.
Cette altercation n'est pas la première entre les deux hommes. Lors d'un précédent échange en novembre, Lecornu avait déjà lancé des pique à Ciotti concernant ses divergences idéologiques avec le Rassemblement national, y compris sur des questions fiscales.
Des experts politiques s'accordent à dire que ce type d'affrontement au Parlement peut marquer des points importants dans la perception publique. Le spécialiste de la communication politique, Jean-Pierre Chaverny, a souligné à Le Monde que « jouer sur les émotions liés aux tragédies peut s'avérer doublement tranchant, mais cela n'augure rien de bon pour le climat politique de l'Assemblée ». À l'approche des élections municipales, ces enjeux politiques sont plus que jamais au cœur des préoccupations.







