À travers le soutien de riches mécènes, Jeffrey Epstein a réussi à transformer sa vie de simple professeur dans une école privée élitiste de Manhattan en un empire financier sur Wall Street. Analysant son parcours, le New York Times souligne les dissimulations et manipulations qui ont jalonné sa carrière, le rendant ainsi indispensable à un réseau de puissants.
Tout commence en 1974, lorsque Jeffrey Epstein, sans diplôme ni expérience dans le domaine de l'éducation, se retrouve à enseigner les mathématiques et la physique à la Dalton School, une institution renommée. Il attire l’attention d’une élève qui le présente à son père, Alan Greenberg, alors à la tête de Bear Stearns. Ce soutien marquera un tournant décisif dans sa carrière.
Un parcours légèrement trouble
Sur le plan professionnel, Epstein fait rapidement sensation. Malgré son manque d'expérience, il est engagé à Bear Stearns, où il affichera des comportements flamboyants, mêlant dépenses inconsidérées et relations personnelles, attirant ainsi les soupçons. Un dirigeant de l'époque a avoué plus tard qu'il ne s'était pas rendu compte qu'il était en train de façonner l'un des personnages les plus controversés de Wall Street.
Après avoir quitté Bear Stearns en 1981 avec un joli pactole, Epstein s'oriente vers des montages financiers complexes, devenant l'homme de confiance de Steven Hoffenberg, le cerveau d'une immense escroquerie à Ponzi. Sa carrière prend un tournant lorsqu'il se rapproche de Leslie Wexner, milliardaire et propriétaire de Victoria’s Secret, qui lui confie la gestion de ses finances.
Enrichissement rapide et relations influentes
Étonnamment, Epstein perçoit plus de 200 millions de dollars en honoraires, suscitant la curiosité des autorités. Sous l'égide de Wexner, il s'immisce dans les cercles fermés du pouvoir, s’imposant comme un intermédiaire incontournable dans de nombreux secteurs, du show-business à la finance.
Sa réputation de philanthrope éclairé et influent grandit, lui ouvrant des portes dans des salons mondains et des conférences prestigieuses. Par ailleurs, il est impliqué dans des situations singulières, comme la rencontre entre Peter Thiel et un ancien Premier ministre israélien. Ses interactions avec des figures comme Harvey Weinstein montrent aussi son opportunisme sans limite.
Nouveaux soutiens après la chute
Malgré ses démêlés judiciaires pour sollicitation de prostitution en 2008, Epstein trouve de nouveaux protecteurs, comme Leon Black, qui lui verse des millions pour des services flous. À la même période, des liens se tissent avec Ariane de Rothschild, à qui il se présente comme conseiller financier. Certaines rumeurs évoquent même une relation plus intime, compliquant encore plus l’image qu’il a laissé derrière lui.
La gestion opaque de sa fortune, estimée à 600 millions de dollars par Forbes à sa mort, n'est qu'une partie du tableau. Le réseau d'influence qu'il a tissé, longtemps passé sous silence, soulève des interrogations sur le pouvoir et la moralité au sein des élites.







