Vincent Bolloré sera jugé du 7 au 17 décembre 2026 à Paris pour corruption liée à des pratiques au Togo et en Guinée, comme le révèle le journal Le Monde le 19 mars. Le milliardaire est accusé d'avoir utilisé son agence Havas pour mener des campagnes électorales en 2010, en échange d'avantages financiers et portuaires.
Les accusations portent sur des agissements entre 2009 et 2011 dans le cadre de l'affaire des « ports africains », un dossier qui secoue le monde des affaires. Lors de cette période trouble, l'agence Euro RSCG (devenue Havas), une filiale de son empire, aurait facilité, à des tarifs sous-évalués, les activités pour la campagne présidentielle de Faure Gnassingbé au Togo. En retour, la famille politique au pouvoir aurait favorisé le groupe Bolloré par le biais de concessions portuaires ainsi que d'avantages fiscaux, indiquent des sources judiciaires.
Les implications du procès
Vincent Bolloré, 73 ans, doit également répondre de complicité d’abus de confiance, tant au Togo qu'en Guinée, dans le cadre de la campagne présidentielle de l'ancien président Alpha Condé en 2010. Ce dossier est en instruction depuis 2013, et Bolloré avait déjà été mis en examen en 2018.
Des experts en droit financier, comme ceux de Libération, soulignent l'importance de ce procès pour la transparence et la responsabilité des entreprises face à leurs relations avec les gouvernements africains. En 2021, Bolloré, accompagné de Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent, a accepté une peine de 375 000 euros d'amende pour tenter d'éviter une longue procédure pénale. Cependant, le tribunal a refusé de valider cet accord, obligeant l'industriel à se défendre devant les juges.
Cette affaire met en lumière les liens complexes entre politique et affaires en Afrique, et la gestion des ressources portuaires, sujet sensible dans la région. Le groupe Bolloré, l'une des principales fortunes de France, a également proposé une amende de 12 millions d'euros pour mettre fin aux poursuites en vertu d'une convention de justice, mais la décision du tribunal reste en attente.
Le résultat de ce procès pourrait marquer un tournant pour le groupe Bolloré et ses activités en Afrique, attirant l'attention des médias internationaux et des parties prenantes de la communauté économique.







