Le 7 mars, Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », a réussi à s'évader de la prison de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, grâce à deux complices se faisant passer pour des policiers. Cette cavale a pris fin le 20 mars en soirée à Canet-en-Roussillon, dans le sud de la France, lorsqu'il a été interpellé par des unités des forces spéciales. L'opération s'est déroulée « sans incident », comme l'a souligné le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Après plus de dix jours d'évasion, la brigade de recherche et d’intervention (BRI) des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault, ainsi que la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), ont mis un terme à sa fuite, conformément aux informations rapportées par l'Agence France-Presse (AFP) et RTL. Le parquet de Paris a confirmé cette arrestation, marquée par la coïncidence du jour de ses 21 ans.
Commanditaire d’un cambriolage au Paris Saint-Germain
Prenant part à des actes de « home-jacking » — des cambriolages souvent caractérisés par la séquestration des occupants —, Kherbouch était déjà dans le viseur de la justice pour de nombreux vols aggravés. À l’époque de son évasion, il purgeait une peine pour divers délits et était également suspecté dans plusieurs affaires médiatisées, notamment avoir commandité le cambriolage du domicile du gardien du Paris Saint-Germain, Gianluigi Donnarumma, souligne une source proche de l'enquête.
Le jour de son évasion, deux individus ont réussi à se présenter à l’établissement pénitentiaire en se faisant passer pour des agents de la force publique, ouvrant ainsi la porte à Kherbouch sans que le personnel pénitentiaire ne s’en inquiète. Ce n'est que 48 heures plus tard, après que la durée d’une garde à vue ait été atteinte, qu'ils ont signalé son absence.
« Je ne cherche en aucun cas à excuser ses actes, mais il faut comprendre que Ganito n’a jamais connu la liberté durant son adolescence, et il n'était pas certain d’en avoir une à l’âge adulte », confiait à l'AFP son avocate, May Sarah Vogelhut, soulignant que le jeune homme avait passé uniquement un mois et demi en liberté depuis ses 14 ans.
Complices impliqués dans l’évasion
Suite à son évasion, une enquête a été ouverte à Paris. Deux autres individus, dont un mineur, ont été mis en examen pour leur rôle dans cette affaire. Un homme né en 1998 et habitant Toulon est suspecté d'avoir joué un rôle clé en se faisant passer pour un policier. Lors de son interrogatoire, il est resté silencieux.
Les accusations portées contre lui comprennent l’évasion en bande organisée et l’association de malfaiteurs, et les autorités poursuivent également des charges de corruption active ainsi que d’usage de faux, ce qui pose la question d’éventuelles complicités au sein du système pénitentiaire.
Des éléments regroupés avant même la découverte de l’évasion ont révélé que, le 8 mars, des agents de la BAC ont intercepté un véhicule suspect dans lequel se trouvaient des accessoires typiquement utilisés par les forces de l'ordre, tels qu’un gyrophare, des brassards de police, des menottes, une perruque blonde, ainsi que deux fausses cartes d'identité. Ces artefacts suggèrent que des complices avaient planifié minutieusement l'opération, espérant duper les autorités.







