Un juge fédéral des États-Unis a statué vendredi contre la nouvelle politique du Pentagone, qui avait pour effet de retirer les accréditations de nombreux médias. Cette décision, obtenue suite à une action en justice du New York Times en décembre, considère que cette nouvelle réglementation enfreint plusieurs amendements de la Constitution américaine, notamment le premier, qui garantit la liberté d'expression.
Le juge a affirmé que la politique actuelle, visant à limiter l'accès des journalistes aux informations essentielles, était « contraire » aux principes fondamentaux de la presse libre. La Défense n'a pas répondu immédiatement, mais elle pourrait envisager de faire appel de cette décision.
En octobre, le ministère de la Défense a émis un document controversé, presque unanimement rejeté par les journalistes, y compris l'AFP. Celui-ci stipulait que les journalistes accrédités ne devaient pas solliciter ou diffuser certaines informations sans autorisation préalable, sous peine de perdre leur accréditation.
« Les rédacteurs du Premier amendement savaient que la sécurité d'une nation passait par une presse libre et un peuple informé. Ce principe a renforcé la sécurité nationale pendant près de 250 ans. Il ne faut pas l'abandonner aujourd'hui, » a écrit le juge dans ses conclusions. « Il est primordial que le public ait accès à des informations variées, surtout avec les enjeux actuels tels que la situation au Venezuela ou la guerre en Iran, afin de pouvoir juger des actions de leur gouvernement. »
Ce jugement représente une victoire importante pour les médias, qui, comme l'ont noté plusieurs experts, font face depuis le retour de Donald Trump à des restrictions croissantes. En effet, le ministère de la Défense a mis en place un accès limité pour de nombreux grands journaux comme le New York Times, le Washington Post et CNN, qui ont été évincés de leurs bureaux au Pentagone. Les journalistes doivent désormais être escortés dans certaines zones du bâtiment, entravant gravement leur capacité à rapporter les faits.
L'avenir de la presse libre aux États-Unis devient ainsi un enjeu crucial, associé à la nécessité de maintenir une société informée, en mesure de débattre ouvertement et de prendre des décisions éclairées lors des élections à venir.







