Pour la première fois, plus de la moitié des cigarettes consommées en France proviennent du marché parallèle. Entre contrefaçon et contrebande, ce commerce illégal s'avère d'une redoutable efficacité, orchestré par des réseaux criminels transnationaux dont l'ampleur rivalise avec celle du trafic de stupéfiants. Cette économie souterraine est estimée à 2,5 milliards d'euros.
Au cœur du phénomène, une usine clandestine située à Fleurus, en Belgique, à quelques encablures de la frontière française. Lors d'une opération le 11 mai, les douaniers belges ont saisi pas moins de 80 millions de cigarettes de contrefaçon. Florence Angelici, porte-parole du ministère des Finances belge, décrit une installation sophistiquée : « Une petite ville industrielle à l'intérieur d'un simple entrepôt. D'un côté, la ligne de production, avec des machines pour la coupe de tabac, l'assemblage et l'emballage, et, de l'autre, des installations pour accueillir des travailleurs. »
Deux équipes de travailleurs, venues de pays de l'Est, opéraient sur le site, l'une de jour et l'autre de nuit. Les enquêteurs suspectent que les cerveaux derrière cette opération se trouvent en Pologne, soulignant la portée internationale de ce réseau organisé.
Florence Angelici souligne que cette détection s'inscrit dans un schéma bien rodé du crime organisé transnational. C'est la troisième fabrique illégale démantelée par la Douane belge depuis le début de l'année 2026. L'an dernier, près de 250 millions de cigarettes ont été saisies sur neuf sites différents, témoignant des efforts croissants pour lutter contre ce fléau. Les autorités françaises, de leur côté, prennent ce phénomène très au sérieux, investissant des ressources dans la surveillance des zones sensibles afin de réduire l'impact du marché noir sur la santé publique et l'économie.







