L'essentiel :
- La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc) propose de restreindre la consommation de viande et de charcuterie d'ici 2030 pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
- Cette initiative suscite des interrogations et des réserves chez les consommateurs et les professionnels de la viande, selon une enquête menée à Strasbourg par 20 Minutes.
- Les artisans bouchers plaident pour une régulation des viandes importées, mettant en avant leur engagement envers les éleveurs français et le savoir-faire local.
Cette stratégie gouvernementale, annoncée récemment, vise à réduire l'empreinte carbone en modifiant les habitudes alimentaires, notamment en limitant la consommation de viande. La Snanc soulève des critiques de la part de nombreux acteurs concernés.
Michaëla, une cliente de Strasbourg, exprime son scepticisme : "C'est infaisable, comment vont-ils contrôler cela ?" Son ami George ajoute : "Les agriculteurs ont déjà assez de difficultés, cette décision ajoute une couche de complication inutile." Nadia, une autre consommatrice, suggère que le gouvernement devrait plutôt se concentrer sur les viandes importées, souvent de qualité inférieure.
Valentin Dive, gérant de la boucherie "Boucher bien élevé", souligne que la viande en grande surface, souvent importée et moins régulée, représente un vrai problème à aborder. "La viande européenne, gonflée aux hormones, impacte gravement notre empreinte carbone", souligne-t-il.
Une réaction face à l'inquiétude
Louis, un habitué de la viande, s’interroge : "Vont-ils nous rationner ? On doit pouvoir acheter de la bonne viande, mais raisonnablement." Un employé de charcuterie, plutôt réservé sur le sujet, exprime sa crainte que cette annonce n’attise des tensions entre groupes militants et les bouchers.
Olivier Klein, un artisan boucher, déclare : "Ce que cherchent les gens, c'est la qualité des produits. Le consommateur est de plus en plus conscient de ce qu'il mange, surtout après les scandales alimentaires récents." Il dénonce également le lobbying en faveur des produits végétaux, souvent soutenu par de grandes entreprises.
Les avis sont donc partagés : tandis que la volonté de réduction des émissions est saluée, les solutions pourraient, selon les professionnels, ne pas concerner la viande française mais plutôt le statut des viandes importées. Comme le souligne Klein, "Nous devons privilégier le savoir-faire local pour garantir une production durable et de qualité."
Dans un contexte où l’accès à des produits de qualité clive l'opinion, la nécessité d'une communication claire sur l'origine des aliments semble plus cruciale que jamais.







