Les voyageurs non-européens pourraient-ils connaître un été particulièrement difficile dans les aéroports français et européens? Au-delà d'éventuelles grèves des agents de sécurité et des bagagistes, c’est le nouveau système d'entrée/sortie qui suscite des inquiétudes. L'Entry Exit System (EES), mis en place depuis le 12 octobre, a pour but de digitaliser l'enregistrement des arrivées et départs, mais sa mise en œuvre se heurte à divers obstacles.
Les aéroports européens et les compagnies aériennes ont récemment exprimé leurs préoccupations concernant des "perturbations majeures" en été, incitant à une "révision urgente" du système.
"Si aucune action immédiate n'est prise pour améliorer la situation, on s'attend à des files d'attente de plusieurs heures dans les mois d'été. Les délais d'attente pourraient atteindre quatre heures ou plus," préviennent dans un communiqué conjoint ACI Europe, A4E et IATA.
Dans ce cadre, ces organisations ont contacté Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures, pour lui faire part des problèmes déjà observés, dont des délais d'attente excédant deux heures.
Des temps d'attente de deux heures déjà constatés
Le système EES est conçu pour remplacer les tampons manuels et pour automatiser la collecte des données des voyageurs, enregistrement qui se fera directement aux postes de contrôle. Il s'applique aux ressortissants hors UE voyageant pour un court séjour dans l'espace Schengen. Il est important de noter que les citoyens de l'UE et certains pays sont exemptés.
A leurs arrivées, les passagers bénéficieront d'un contrôle automatisé de leurs passeports. Cependant, une feuille de route fixe que tous les États membres devront pleinement adopter le système d’ici le 10 avril prochain.
Le secteur aérien français en alerte
Dans leur démarche, les organisations ont soulevé le problème d’un sous-effectif chronique dans les services de contrôle aux frontières, signalant également des défaillances technologiques concernant l'automatisation. Elles exhortent donc la Commission à maintenir la possibilité d'un moratoire sur l'EES jusqu'à fin octobre 2026.
Les aéroports parisiens se trouvent particulièrement en première ligne. La Fédération nationale de l'aérien (Fnam) s’inquiète de la mise en œuvre tardive des dispositifs automatisés ailleurs en France, appelant à garantir une fluidité optimale dans le passage aux frontières dans les mois à venir.
Ce nouveau système doit aussi être connecté à la plateforme nationale Parafe, censée faciliter le passage autonome des citoyens français, mais les récentes pannes de cette technologie soulèvent de nouvelles inquiétudes quant à son fonctionnement cet été.







