Alors que la proposition de loi visant à nationaliser le géant de l’acier a été adoptée à l’Assemblée nationale, son avenir au Sénat reste incertain. Ce dernier devrait rejeter le texte lors de son examen prévu le 25 février, selon plusieurs sources politiques.
Les parlementaires communistes, accompagnés de représentants syndicaux, ont appelé à intensifier la pression sur le gouvernement pour qu'il considère cette initiative. « Il est vital que cette loi puisse prospérer au Parlement et permettre aux salariés de solliciter le soutien des autres groupes politiques », a déclaré Cécile Cukierman, présidente du groupe communiste au Sénat, lors d'une conférence de presse.
Elle était entourée de personnalités telles que Stéphane Peu et Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT. La proposition de nationalisation, promue par La France insoumise et adoptée en dernière minute par l’Assemblée nationale fin novembre, a été inscrite à l'ordre du jour du Sénat grâce à l'initiative des groupes communistes et sera discutée le 25 février.
La domination de la droite dans la chambre haute laisse présager un rejet du texte, comme lors d'une précédente tentative en octobre dernier. Néanmoins, cela permettra de prolonger le débat : Stéphane Peu a déjà annoncé que son groupe (GDR) tentera de réintroduire la proposition lors de leur espace réservé du 11 juin à l'Assemblée, d'autant plus que « nous resterons déterminés », a-t-il affirmé.
Sophie Binet a souligné qu'il s'agit là d'un enjeu de souveraineté nationale, appelant à dépasser les clivages partisans : « Si nous ne nationalisons pas Arcelor, l’entreprise risque de quitter le sol français et la filière acier pourrait s’effondrer. » Les salariés d'ArcelorMittal s'organiseront pour manifester leur soutien aux abords du Sénat le 25 février.
Avec un bénéfice net dépassant les 3 milliards de dollars en 2025, l'entreprise est actuellement en train de délocaliser des fonctions, projet entraînant la suppression de 600 emplois en France. Sa direction envisage un transfert potentiel de plus de 5 600 postes en Europe, dont 1 650 en France, selon les déclarations de son comité d'entreprise. A noter qu'ArcelorMittal a récemment confirmé, en présence d'Emmanuel Macron, sa volonté d'investir 1,3 milliard d'euros dans la construction à Dunkerque de son plus grand four électrique en Europe.







