Dans un climat économique troublé par l'inflation et le remboursement des Prêts Garantis par l'État (PGE), les impayés et les procédures collectives ne cessent d’augmenter. Cependant, pour les cabinets de recouvrement, cette situation ne se traduit pas toujours par des opportunités. Agnès Haller de Hallenburg, créatrice de Haller Finance, explore ce paradoxe et dévoile comment son approche du recouvrement devient un levier essentiel pour la croissance et la durabilité des entreprises.
La conjoncture actuelle – avec son ralentissement économique, le remboursement des PGE et ses tensions inflationnistes – pourrait sembler offrir un environnement propice pour les sociétés de recouvrement de créances. Pourtant, la réalité présente des nuances.
Agnès Haller souligne : « On pourrait penser que les périodes de crise sont favorables, mais beaucoup d'entreprises préfèrent limiter leurs coûts et internaliser certaines tâches, dont le recouvrement. » Ainsi, le contexte apparaît comme un « double tranchant » pour le secteur. Les statistiques montrent cependant que les délais de paiement s’allongent et que le nombre de procédures collectives (redressements et liquidations) est en pleine croissance.
Pour faire face à cette fragilisation, Haller Finance offre une gamme de solutions qui permettent d'agir tant en amont qu'en aval des transactions commerciales.
D’après Agnès Haller, l’erreur fondamentale repose sur la négligence des contrôles initiaux : les entreprises oublient souvent de vérifier la santé financière de leurs partenaires avant de s'engager.
« En France, il semble que l'on ait moins le réflexe de s'assurer de la bonne santé financière de ses partenaires. Cela ressemble parfois à travailler 'les yeux fermés' », observe-t-elle.
Néanmoins, la trajectoire d’une entreprise est rarement linéaire. Même les sociétés jugées viables peuvent rencontrer des difficultés, entraînant d'autres dans leur sillage. Haller Finance fournit ainsi des enquêtes financières de terrain, réalisées par des experts financiers pour sécuriser les partenariats ou, au contraire, adapter les conditions de paiement afin de croître tout en maîtrisant les risques.
Le recouvrement interne, quant à lui, est souvent freiné par la peur de déstabiliser la relation client. Les fournisseurs hésitent à réclamer leurs dues, redoutant des répercussions sur leur relation commerciale. Agnès Haller souligne : « Dans cette dynamique, le débiteur peut faire traîner les paiements, considérant le lien commercial comme une couverture d'indulgence. Ce n'est pas la logique à privilégier. »
L'impact d'un impayé dépasse de loin la simple facture. Il provoque une tension de trésorerie qui affecte l'entreprise dans son ensemble. « On oublie souvent qu'un retard de paiement de 1 000 euros n'implique pas simplement une perte de cette somme ! Pour une entreprise qui marge à 10 %, cela représente en réalité 10 000 euros de chiffre d'affaires nécessaires pour compenser cet impayé ! » avertit Agnès. Cela fragilise la capacité de l’entreprise à honorer ses charges et rémunérations à temps, freine ses investissements futurs ou encore son remboursement de PGE, et peut même mener à une situation de liquidation judiciaire dans les cas les plus critiques.
Agnès Haller rappelle une priorité : « On considère souvent le recouvrement comme secondaire, à traiter plus tard. Pourtant, ne pas être payé rapidement impacte directement la capacité de l'entreprise à respecter ses propres obligations, notamment le paiement des salaires et charges. »
L'intervention d'un cabinet de recouvrement comme Haller Finance représente une solution à ce dilemme, rétablissant une distance professionnelle et modifiant la dynamique des rapports de force. L'expert conclut : « En tant que tiers, je n'ai pas de lien commercial direct avec le débiteur ; cela facilite la réclamation. »
L'objectif principal est de préserver la relation commerciale, sans la dégrader. Le cabinet agit en tant qu'intermédiaire entre la relance interne et le processus judiciaire, avec une approche personnalisée et respectueuse du débiteur. « Notre rôle n’est pas coercitif, mais d'accompagner. Nous visons à mettre en évidence la situation d'impayé et à guider le débiteur vers un règlement amiable », précise l'experte. Un autre enjeu crucial est de garantir à leurs clients un règlement prioritaire et rapide. Grâce à leur intervention, les créances de leurs clients passent de la « place 10 » à la « place 1 » dans la hiérarchie des paiements. En effet, 94 % des dossiers gérés par Haller Finance sont résolus à l'amiable.
Contrairement aux solutions de masse numérisées, Haller Finance privilégie une approche humaine et sur mesure. Chaque dossier est traité individuellement, avec une analyse juridique et financière poussée. La visée est d'obtenir un règlement à l'amiable dans un délai maximum d'un mois. Ce délai est court, car un contact téléphonique d'un cabinet de recouvrement s'avère souvent plus efficace qu'un simple courrier ou un e-mail, qui risquent d'être rapidement oubliés.
Agnès Haller explique : « Ce qui est le plus gratifiant, c’est de débloquer des dossiers en suspens depuis des mois, là où la discussion directe entre créancier et débiteur avait échoué. »
Consciente de l'évolution des mentalités auprès des dirigeants qui prennent conscience du rôle crucial du recouvrement pour la santé d'une entreprise, Haller Finance se prépare à l'avenir.
Agnès Haller a récemment annoncé le lancement imminent d'une solution d'audit interne, un service où le cabinet se rendra chez ses clients pour évaluer leurs processus internes. L’idée ? Identifier les points faibles en amont afin d'optimiser les opérations et réduire au maximum les impayés.
Cette approche réaffirme la vision d'Haller Finance : le renseignement financier est essentiel et le recouvrement ne doit pas être vu comme une réaction d'urgence, mais comme l'un des fondements d'une gestion d'entreprise sereine et durable.







