La sécurité du détroit d'Ormuz préoccupe les gouvernements du monde entier depuis l'explosion du conflit au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump a récemment insisté sur le besoin d'une aide internationale, soulignant que cette voie maritime transporte près de 20 % du pétrole mondial.
Cependant, selon Arsenio Dominguez, directeur de l'Organisation maritime internationale (OMI), une telle protection n'est pas garantie. Dans une interview avec le Financial Times, il a déclaré que les escortes navales ne pouvaient pas assurer la sécurité à "100%". "L'assistance militaire est une solution temporaire, non durable", a-t-il ajouté.
"Bien que cela réduise le risque, il reste présent. Les navires et leurs équipages risquent d'être touchés. Nous devenons des victimes collatérales d'un conflit dont les véritables causes sont indépendantes du transport maritime."
Dominguez a également souligné la complexité géographique du détroit, qui ne fait que 33 km de large à son point le plus étroit. Les passagers doivent naviguer dans des voies de seulement deux milles nautiques, tandis que la végétation montagneuse du côté iranien donne un avantage stratégique aux potentiels agresseurs.
Seuls 47 navires ont traversé depuis le 2 mars
L'OMI a exprimé sa vive inquiétude face à la situation des navires bloqués dans le Golfe, manquant de nourriture et d'eau. L'agence onusienne invite les compagnies maritimes à faire état des provisions à bord pour orienter l'aide de manière ciblée.
"Avec les installations portuaires attaquées, l'accès aux ressources vitales s'épuise. Cela entrave les opérations maritimes. La situation est alarmante."
Depuis le début des hostilités, l'Iran a ciblé au moins 18 navires. Entre le 2 et le 14 mars, seulement 47 navires ont réussi à passer le détroit, selon UK Maritime Trade Operations, ce qui engendre une pénurie énergétique mondiale et fait grimper le prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril.
L'OMI recommande la prudence
En dépit des exhortations de Trump, aucune protection n'a encore été mise en place pour les bateaux traversant le détroit. Le président américain attend des alliés une mobilisation pour éviter un "avenir sombre". Il a également menacé de retarder un sommet avec la Chine si ce pays ne contribua pas aux efforts de sécurité.
Dominguez a appelé les armateurs à "ne pas prendre de risques et à protéger leurs équipages". L'accent doit être mis sur la désescalade avant de s'engager dans des traversées potentiellement périlleuses.







