L'homme à la tête de la société prêt à acquérir l'emblématique enseigne bordelaise de cannelés, Philippe Baillardran, s'est volatilisé après avoir tenté de finaliser l'achat. Mehdi Herz, l'initiateur de cette opération, fait l'objet d'une interdiction de gestion de dix ans et a été au centre de plusieurs affaires à Paris.
Dans un entretien accordé à Sud Ouest le 27 avril dernier, Philippe Baillardran, le patron célébré, a évoqué les raisons du redressement judiciaire de son entreprise. Cependant, il est resté particulièrement discret sur le parcours de Mehdi Herz, avec qui il avait précisément signé un protocole d'acquisition le 16 mars, avant que la vente ne capote. Ce dernier aurait même "disparu dans la nature".
Peu après, le Bulletin officiel des annonces civiques et commerciales a révélé les condamnations, de cinq et dix ans d'interdiction de gérer, infligées au président du Groupe Herz France par le Tribunal des Activités Économiques de Versailles. Mehdi Herz est également à la tête d'une autre holding, Au Jardin d'Eden, dont les sociétés liées à la boulangerie ont été placées en liquidation judiciaire.
Une gestion en question
Les décisions judiciaires sont survenues après des signalements des liquidateurs aux autorités. Les jugements font état de fautes de gestion ayant mené à l'insuffisance d'actif des sociétés, entre autres en raison d'un manque de comptabilité, de salaires impayés, et d'autres négligences. Les ardoises laissées derrière lui s'élèvent à plus de 750 000 euros.
Un avocat spécialisé en droit des sociétés a souligné la rigueur du jugement, établissant un lien entre la gestion défaillante et les dettes. Mehdi Herz doit ainsi verser 170 000 euros pour couvrir une partie de ses passifs.
Les victimes de l'ombre
La situation des victimes de Mehdi Herz, dont certains boulangers des Yvelines, est préoccupante. Frédéric Sédilot, ancien propriétaire d'une boulangerie, a perdu l'ensemble de ses économies en tentant de collaborer avec Herz. Après plusieurs promesses de soutien, il s'est retrouvé avec 40 000 euros d'impayés.
Des témoignages révèlent un homme charismatique mais souvent vêtu de façon décontractée, capable de séduire ses partenaires avec des projets prometteurs, mais dont la gestion laisse à désirer. "C'est un homme sans charisme, mais une tchatche phénoménale," témoigne un ancien collègue.
Une présence discrète à Bordeaux
Bien que sa réputation soit écornée, Mehdi Herz se manifeste actuellement à Bordeaux sous de nouvelles enseignes de boulangeries. Des anciens employés rapportent que le chiffre d'affaires semble en hausse, mais ils n'ont plus vu leur patron depuis un certain temps, affirmant qu'il est occupé à gérer ses affaires à distance. À Bordeaux, il semble que les affaires continuent sans que l'on sache vraiment où se trouve le dirigeant.
Transfert de responsabilités
Pour contourner ses interdictions, il a récemment transféré la direction de ses entreprises à sa femme. Cependant, celle-ci est décrite comme ayant un profil peu visible, n’ayant pas de profession particulière, et l’on ne sait pas si elle aura les compétences nécessaires pour gérer les affaires de manière efficace.
Mehdi Herz est désormais un entrepreneur mystérieux dont les activités continuent de susciter autant de questions que de préoccupations. Alors que les tentatives de le joindre se multiplient, son absence laisse un sentiment d'inquiétude dans le monde entrepreneurial bordelais.







