Un rapport indépendant de 142 pages met en lumière un système d'emprise et des dérives au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (BSCM), mettant à jour des abus persistants depuis près de 40 ans. Des faits de nature financière, psychologique et spirituelle ont été révélés, incluant des pratiques de gavage et de chantage. La commission, mandatée en 2024, a pointé du doigt l'ancienne supérieure, mère Marie-Agnès, pour son autorité jugée excessive et inappropriée.
Conformément aux informations rapportées par le journal 20 Minutes, le rapport fait état de 1.489 faits recensés, s'étalant de 1969 jusqu'aux années 2010. Ce dernier souligne que la situation s'est détériorée après 2004 avec un contrôle inacceptable exercé sur les sœurs, qui étaient souvent coupées de leurs familles et soumises à une surveillance constante, incluant des parloirs écoutés et du courrier examiné.
Les témoignages recueillis décrivent un quotidien alourdi par une « ambiance policière » et un contrôle serré, où l'espionnage et l'incitation à la délation étaient monnaie courante, comme le précise une sœur. Les abus allaient au-delà de simples mauvais traitements pour inclure des violences verbales et physiques, ainsi qu'une maltraitance psychologique, illustrée par des témoignages d'infantilisation et humiliation.
Une sœur a raconté : « Je ne pouvais pas me mettre à genoux […] et elles m’ont demandé de récurer l’entièreté des lieux à la brosse à dents ». Des experts interrogés soulignent que ces abus spirituels et psychologiques expriment une manipulation profonde ancrée dans la culture de la congrégation.
Sur le plan financier, les conclusions sont tout aussi troublantes. Les jeunes filles recrutées provenaient souvent de familles aisées, et l’argent faisait tout autant partie des préoccupations de la communauté, impliquant des sommes prélevées sur les comptes de sœurs, dont le total s’élèverait à plus de 857.000 euros. La commission évoque clairement des vols et des abus financiers exacerbés, menés par mère Marie-Agnès et ses acolytes, qui bénéficiaient d’un train de vie fastueux, contrastant avec la situation précaire des autres sœurs.
Le diocèse de Paris, par la voix de ses responsables, a reconnu l’absence de vigilance face à ces abus, insistant sur la nécessité d'une prise de conscience collective pour éviter qu'un tel système d'emprise ne perdure. Face à cette tragédie, 58 recommandations ont été formulées pour réparer les dommages causés aux victimes.
Rester informé de ces événements tragiques est essentiel pour prévenir d'autres dérives au sein d'organisations religieuses au sein de la France d'aujourd'hui.







