Dans le cadre du projet #BadPractice, l'émission "L'Œil du 20 Heures" de France 2, en partenariat avec le consortium OCCRP, a découvert que des médecins radiés pour des motifs graves continuent à exercer, notamment à l'étranger. C'est le cas d'un cardiologue français, condamné pour agressions sexuelles, qui a été retrouvé en Belgique.
Sarah*, une patiente de ce médecin, raconte son traumatisme : "Il s'est masturbé dans mon dos. J'étais paralysée". Comme elle, onze autres femmes ont porté plainte, faisant état de comportements similaires au sein du cabinet médical. Le tribunal d'Aix-en-Provence a condamné ce praticien à quatre ans de prison, incluant une interdiction définitive d'exercer.
Cependant, malgré cette radiation, L'Œil du 20 Heures a retracé les pas du médecin jusqu'à un hôpital bruxellois, où il avait réussi à se faire inscrire quelques mois avant sa condamnation définitive. Une fois sa peine purgée sous bracelet électronique, il a repris contact avec des patients.
Des failles dans le système de surveillance
Comment un médecin condamné peut-il continuer à travailler ? L'Ordre des médecins belge a affirmé avoir appliqué la procédure en vigueur, mais le système européen d'information du marché intérieur (IMI), destiné à prévenir ce genre de scénario, semble inefficace. François De Smet, député belge, a mis en lumière des dysfonctionnements : "Les alertes arrivent... mais sont stockées dans une base qui n'est pas consultée automatiquement".
En effet, une analyse menée par l'émission a révélé que parmi plus de 2 000 alertes IMI relatives à des motifs graves, aucune consultation n’a été enregistrée par les autorités françaises de 2021 à 2025. Ce constat interpelle et soulève des questions sur la responsabilité et la diligence des systèmes de contrôle.
L'urgence d'une réforme
Pour le docteur A., le besoin de travailler est pressant. "Je n'ai pas d'autre diplôme, je dois indemniser mes victimes", a-t-il confessé. Ce cas illustre non seulement les lacunes du système IMI, mais aussi les défis auxquels sont confrontés les patients face à l'évolution des pratiques médicales au sein de l'Union européenne.
En fin de compte, la situation appelle à une réévaluation des protocoles de surveillance et de communication entre les États membres, afin de protéger les patients et d'éviter que de tels incidents ne se reproduisent.







