Ce mardi, les électeurs californiens se rendent aux urnes pour des primaires déterminantes, visant à élire le futur gouverneur de l'État, tandis que les habitants de Los Angeles choisissent leurs candidats au poste de maire.
En contraste frappant avec d'autres États américains, la Californie propose une primaire ouverte durant laquelle les candidats des deux grands partis – démocrate et républicain – peuvent concourir pour le poste de gouverneur. Les deux personnalités qui recueilleront le plus de voix avanceront en novembre contre Gavin Newsom, qui a atteint la limite de ses mandats.
Avec plus de 60 candidats inscrits sur le bulletin, cet État de 40 millions d'habitants, reconnu pour son penchant démocrate, fait face à une compétition serrée. Actuellement, trois candidats émergent comme favoris pour les deux places qualificatives.
Xavier Becerra, ancien ministre de la Santé sous Joe Biden, est pour l'instant en tête des sondages. Il est accompagné par Tom Steyer, un autre démocrate, et Steve Hilton, un républicain soutenu par l'ex-président Donald Trump, qui s’affrontent pour obtenir l’autre strapontin. Steyer, un milliardaire gestionnaire de fonds spéculatifs, a déjà investi plus de 200 millions de dollars dans sa campagne, plaidant pour une augmentation des impôts des plus riches afin de soulager la classe moyenne.
Pour sa part, Hilton, aussi ancien stratège politique et commentateur à Fox News, accuse les démocrates au pouvoir d'être responsables des problèmes persistants de l'État, notamment le coût stratosphérique du logement et une infrastructure en déclin.
Alors que la Californie, moteur économique mondial avec sa Silicon Valley, affiche la quatrième économie du globe, les préoccupations des habitants portent notamment sur les tarifs de logement, le prix de l'essence et l'augmentation alarmante du nombre de sans-abris à Los Angeles et San Francisco. Ces derniers éléments restent un épineux problème pour la gauche, notent plusieurs analystes, dont ceux cités dans Le Monde.
Cependant, le climat électoral ne semble pas susciter un grand enthousiasme, malgré les implications potentielles sur le plan national, Gavin Newsom nourrissant des ambitions présidentielles pour 2028.
Pendant ce temps, les électeurs de Los Angeles participent également à des primaires pour élire leur maire. La maire sortante, Karen Bass, cherchant un second mandat, se trouve dans une position délicate, à la fois contestée par une conseillère municipale à sa gauche et par un candidat de droite issu de la téléréalité.
Ancienne membre du Congrès, Mme Bass semblait être en bonne voie pour une réélection facile dans cette ville à forte dominante libérale. Toutefois, sa gestion critiquée des incendies dévastateurs ayant frappé Los Angeles en janvier 2025 a ébranlé sa position.
Bien que sa réponse aux raids anti-immigration menés par la police fédérale ait renforcé sa base, les sondages révèlent qu'elle reste exposée. Elle se retrouve en lutte serrée avec Nithya Raman, l'une de ses anciennes alliées au sein du conseil municipal, et sur sa droite, Spencer Pratt, une personnalité de la téléréalité qui a perdu sa maison à cause des incendies et qui représente une colère croissante face aux lenteurs de la reconstruction.
Pratt, tout comme Hilton, mise sur la sécurité publique et la lutte contre la criminalité, des thèmes qui trouvent écho même chez des électeurs traditionnellement démocrates.
Les élections générales pour élire le prochain gouverneur de Californie sont fixées pour novembre, lorsque ces tensions politiques se dévoileront pleinement.







