Caracas (AFP) – Delcy Rodriguez a officiellement commencé son mandat en tant que présidente par intérim du Venezuela, un pays plongé dans une profonde crise politique et économique. Sa prise de fonction survient alors que Donald Trump a intensifié la pression sur le gouvernement vénézuélien pour obtenir un accès aux précieuses réserves pétrolières du pays.
Dans ce contexte tumultueux, l'ONU a exprimé des préoccupations majeures quant à l'intervention militaire américaine, soulignant que celle-ci compromet un principe essentiel du droit international. Selon Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, "les États ne doivent ni menacer ni recourir à la force contre l'intégrité territoriale d'un autre État".
Les tensions ont atteint un paroxysme lorsque les États-Unis ont capturé Nicolas Maduro, ancien président de 63 ans, ainsi que son épouse Cilia Flores, tous deux confrontés à de graves accusations, dont celle de narcoterrorisme. Confronté à la justice américaine, Maduro a plaidé non coupable en se déclarant "prisonnier de guerre".
Delcy Rodriguez, qui a été vice-présidente depuis 2018, a prêté serment devant l'Assemblée nationale, promettant de défendre le pays face aux pressions extérieures. Lors de sa déclaration, elle a exprimé sa douleur à propos de l'arrestation de Maduro et a assuré qu'elle se présenterait comme une représentante légitime des Vénézuéliens.
Il est à noter que son mandat n'est que temporaire, limité à 90 jours, avec possibilité de prolongation par l'Assemblée nationale. En l'absence de déclaration de vacance absolue, une élection doit être organisée dans les 30 jours. L'opposante Maria Corina Machado, récemment lauréate du prix Nobel de la paix, a également annoncé son intention de revenir rapidement au Venezuela pour jouer un rôle actif dans la scène politique.
D'autres experts, comme l'analyste politique Marino de Alba, estiment que le nouveau gouvernement est fragile. "Le chavisme doit faire preuve d'une cohésion apparente pour survivre dans un contexte où des tensions internes se font sentir", a-t-il déclaré. La gestion des ressources pétrolières sera cruciale pour Rodriguez, avec des enjeux non seulement économiques mais aussi politiques, alors que de nombreux partisans de Maduro continuent de manifester pour exiger sa libération.
En outre, la nouvelle présidente a déclaré être prête à coopérer avec les États-Unis, ce qui soulève des interrogations sur sa capacité à naviguer entre des exigences externes et la préservation de l'autonomie nationale. Dans un pays où les besoins fondamentaux de la population sont souvent négligés, les défis qui attendent Rodriguez sont colossaux.







