Le 29 janvier, les États-Unis ont officiellement annoncé la reprise de leur programme d'aide alimentaire destiné à la Somalie, programme suspendu au début du mois en raison d'accusations graves portées contre les autorités somaliennes. En effet, le département d'État avait déclaré que des responsables somaliens avaient illégalement saisi des vivres destinés à des populations vulnérables.
Dans un communiqué diffusé sur le réseau social X, les autorités américaines ont précisé que la reprise de l'aide s'inscrivait sous l'égide d'une « politique de tolérance zéro » vis-à-vis des détournements et des abus liés à l'assistance alimentaire. Le 8 janvier, les États-Unis avaient mis en suspens « tous les programmes d'assistance », à la suite d'informations troublantes sur la destruction d'un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par leurs soins, ainsi que sur la saisie de 76 tonnes de vivres par des responsables locaux.
Dans une tournure d'événements inattendue, le gouvernement somalien a déclaré sur X que toutes les denrées alimentaires concernées avaient été restituées et qu'un « plus grand entrepôt » avait été mis à la disposition du PAM. Les autorités avaient précédemment justifié la démolition de l'entrepôt par des travaux d'agrandissement du port de Mogadiscio, tout en affirmant que les approvisionnements restaient sous la garde du PAM.
Le sous-secrétaire d'État aux affaires humanitaires a salué la décision du gouvernement somalien de reconnaître sa responsabilité dans cette affaire. Dans une déclaration confortante, il a affirmé : « Nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie. »
Une aide dans un contexte tendu
La Somalie est depuis longtemps en proie à des conflits internes, et le pays est devenu un ciblage fréquent pour des critiques acerbes, comme celle formulée par Donald Trump, qui a qualifié la Somalie de « pays pourri ». Cette déclaration avait été accompagnée d'une annonce visant à resserrer les mesures d'immigration pour les Somaliens vivant aux États-Unis, un point qui suscite de vives réactions.
La dépendance des autorités somaliennes vis-à-vis de l'aide américaine, notamment militaire, est également forte, face à la menace constante des insurgés du groupe islamiste Chabab, qui opèrent dans la région depuis plus de 20 ans. Dernièrement, le commandement des États-Unis pour l'Afrique a intensifié ses frappes aériennes contre ces groupes, avec 23 bombardements signalés depuis le début de l'année 2026.
Ce retour de l'aide américaine, bien que bienvenu pour les populations somaliennes, pose la question des relations fragiles entre les États-Unis et la Somalie et de l'impact à long terme de ces politiques sur le terrain.







