Ce mardi 12 mai, à Paris, Sophia Chikirou a été au cœur d'une audience à l'issue de laquelle elle a exprimé son indignation face à ce qu'elle considère comme un timing politique malveillant. Accusée de "tentative d'escroquerie" et de "vol", elle a nié toute intention malveillante, expliquant qu'elle n'était plus à la tête d'un média lors des faits qui sont désormais reprochés.La candidate en 2020 pour la mairie de Paris, qui a obtenu 7,96 % des voix au second tour, s'est présentée seule devant le tribunal, vêtu d'une tenue décontractée, et a noté l'absence des parties civiles, ayant établi un accord avec son ancienne webtélé, Le Média.
Après un débat de quatre heures, Chikirou a interpellé la procureure, déclarant : "Je n'arrive pas à comprendre pourquoi vous avez choisi ce moment, alors que je suis en campagne, pour relancer une affaire aussi ancienne. Pourquoi avoir attendu tout ce temps?" Son avocat, Dominique Tricaud, a également plaidé sa cause, suggérant que cette affaire était un "poison politique" manigancé contre elle.
Les événements en question remontent à 2018, période durant laquelle Chikirou a lancé "Le Média", une webtélé prônant des valeurs progressistes. Cependant, le projet a rapidement connu des difficultés financières et managériales, entraînant son éviction. Elle est accusée d'avoir tenté de transférer environ 67.000 euros vers sa société personnelle. Bien que ces fonds n'aient jamais été transférés, elle fait face à des accusations graves qui pourraient entraîner jusqu'à cinq ans de prison.
"Ce n'est pas l'affaire du siècle"
Au cours de l'audience, a été questionné si Chikirou était consciente de sa situation d'employeuse au moment de son démêlé bancaire. La procureure a noté que bien qu'il s'agisse d'un débat commercial, il n'y avait pas de victime tangible dans cette affaire.
Elle a reconnu la légitimité de la défense, affirmant qu'il aurait été préférable d'aborder cela comme un litige commercial, tout en soupçonnant des indices de vol concernant des chèques.
Le 27 juillet 2018, Chikirou a insisté sur le fait qu'elle a appris son licenciement par SMS après son rendez-vous à la banque et s'est défendue en affirmant que ses actions visaient à récupérer des fonds qui lui étaient dus.
"Huit ans de harcèlement médiatique ont été éprouvants", a-t-elle avoué, en exprimant son désir de voir cette affaire se clore pour pouvoir avancer. Le verdict est attendu pour le 8 juin.







