Les élections municipales, prévues le 22 mars, constituent un tournant stratégique pour les deux extrêmes. La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN) mobilisent leurs forces pour convertir leurs succès nationaux vers le niveau local. Les enjeux sont clairs : solidifier les bases territoriales, augmenter le nombre de grands électeurs en vue des élections sénatoriales de septembre 2026, et gagner des batailles symboliques susceptibles d'influencer la présidentielle de 2027.
Les enjeux de ces élections sont soulignés par la présence active de figures proéminentes des deux partis. Près de 19 membres de LFI, comme David Guiraud à Roubaix, sont en tête de liste. « Nous sommes indispensables », a souligné la députée Sophia Chikirou, qui s'est qualifiée pour le second tour à Paris. À Marseille, la compétition est serrée entre le divers gauche Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio.
Les gauches « irréconciliables » doivent chuchoter pour faire front contre l'extrême droite.
L'Insoumis Sébastien Delogu a proposé un front « anti-fasciste », une notion développée par Jean-Luc Mélenchon, visant à unir les gauches pour combattre le RN. Manuel Bompard, député, appelle à un « désistement républicain » afin de ne pas diluer le vote de gauche. Bien que les tensions existent au sein de la gauche, l’urgence de la situation pourrait inciter certains à dépasser les anciennes rivalités.
Ciotti en tête à Nice
Bien qu’Olivier Faure, le leader du Parti Socialiste, affirme qu’aucun accord national ne sera fait avec LFI au second tour, l'idée d’une alliance demeure sur la table. Avant le premier tour, LFI et le PS avaient déjà collaboré dans plus de soixante communes. Les vieux schémas de l'électorat de gauche, capable d'ignorer les discordes pour contrer la montée du RN, persistent et pourraient jouer un rôle majeur.
À l’opposé de l’échiquier, le Rassemblement National continue d'affirmer son emprise sur des villes comme Perpignan ou Fréjus. À Nice, Éric Ciotti semble bien positionné pour battre Christian Estrosi, son adversaire historique. Depuis Beaucaire, Jordan Bardella, président du RN, a exprimé sa satisfaction face aux succès enregistrés dès le premier tour, dénotant que le RN peut maintenir une présence forte sur les territoires. Pour Bardella, le message reste clair : « Tout sauf LFI ». L’ennemi principal demeure Jean-Luc Mélenchon, et le barrage républicain est plus que jamais en mouvement.
Des compromis incertains
Sébastien Chenu, vice-président du RN, a rejeté l'idée de tout compromis avec d'autres partis, tandis qu'il n'exclut pas des alliances dans des cas particuliers au sein de la droite classique. « Certaines listes divers droite pourraient s'allier pour empêcher une victoire de l'extrême gauche », a-t-il signalé. Officiellement, le cordon sanitaire entre LR et RN reste en place, mais les dynamiques locales pourraient rétablir certains contacts si cela froisse les résultats.
La sénatrice Agnès Evren, porte-parole des Républicains, a confirmé que les affinités de LR se rapprochent plus du RN que de LFI. « Notre plus grand danger est LFI », a-t-elle concédé au micro de TF1. Les Républicains seraient-ils prêts à mener des négociations pour des désistements favorisant le RN ? C’est tout l’enjeu de cette période post-électorale, surtout en milieu de campagne où les résultats d’Éric Ciotti à Nice pourraient réévaluer les options stratégiques.







