En 2025, la France a franchi un seuil historique avec une population atteignant 69,1 millions d'habitants. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès a dépassé celui des naissances, alourdissant les perspectives démographiques.
Selon l'Insee, la population a enregistré une légère augmentation de 0,25% par rapport à 2024. Toutefois, cette hausse est entièrement attribuée à un solde migratoire positif de 176.000 personnes. Le solde naturel, représentant la différence entre naissances et décès, a plongé dans le rouge avec une diminution de 6.000 personnes. Ce retournement s'explique par deux facteurs principaux : la baisse persistante des naissances et l'augmentation des décès.
« La chute des naissances est alarmante. En quatre ans, le solde naturel a drastiquement reculé », a déclaré Sylvie Le Minez, responsable des études démographiques à l'Insee. En 2025, seulement 645.000 naissances ont été enregistrées, un chiffre en baisse de 2,1% par rapport à l'année précédente, et le plus bas depuis des décennies.
Ce fléchissement est principalement dû à un taux de fécondité en berne. L'Indice de Fécondité Conjoncturel (IFC) a chuté à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale, observant une chute significative depuis 2010 où il s'élevait à 2,02.
Les raisons de cette évolution sont multiples. De nombreux couples expriment des préoccupations sur leur capacité à élever des enfants dans le contexte économique actuel, la difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale, ainsi que des inquiétudes concernant l'avenir climatique. Une récente consultation citoyenne a mis en lumière la peur des familles de ne pas avoir les moyens financiers suffisants pour élever davantage d'enfants.
Jessica, une Francilienne de 37 ans, a déclaré : « Mon désir de fonder une famille est arrivé tard. Nous sommes heureux à deux, et l'éducation d'un enfant est un coût immense ». De son côté, Océane, 32 ans, s'inquiète du prix de la crèche, qui s'élève à 800 euros par mois, rendant l'idée d'avoir un second enfant difficilement réalisable.
Pour couronner le tout, les décès ont connu une hausse de 1,5%, atteignant 651.000 décès en 2025, en partie à cause de l'épidémie de grippe saisonnière qui a touché la France. Gilles Pison, démographe et expert à l'Institut national d'études démographiques, a souligné que ce phénomène n'est pas isolé : « La France rejoint pour la première fois des pays européens où le solde naturel est déjà négatif. Seuls quelques pays, comme Chypre et l’Irlande, parviennent encore à maintenir un équilibre positif ».
Cette inversion démographique soulève des questions cruciales pour l'avenir de la France, tant sur le plan économique que social. Face à cette situation, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) appelle à un réinvestissement urgent dans les politiques familiales pour soutenir les jeunes familles.







