Selon les données récentes de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la population française a atteint 69,1 millions d'habitants au 1er janvier 2026. Bien que ce chiffre marque une légère augmentation par rapport à l'année précédente, il est important de noter que cette croissance résulte uniquement du solde migratoire. En effet, en 2025, le nombre de naissances a chuté à un niveau historiquement bas, entraînant une situation sans précédent où les décès surpassent désormais les naissances.
Cette tendance démographique inquiétante a été confirmée lors d'une conférence de presse par Sylvie Le Minez, responsable de l'unité des études démographiques à l'Insee. "Pour la première fois depuis 1944, nous assistons à un solde naturel négatif, avec 6 000 décès de plus que de naissances", a-t-elle déclaré. Ce phénomène s'explique par une combinaison de facteurs, notamment la baisse continue du taux de natalité et l'augmentation des décès, due aux générations du baby-boom vieillissantes.
Diminution des naissances : une réalité préoccupante
En 2025, seulement 645 000 bébés sont nés en France, soit une baisse de 2,1 % par rapport à 2024, ce qui constitue le plus faible nombre de naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce chiffre représente une baisse vertigineuse de 24 % par rapport à 2010, année qui avait enregistré un nombre record de naissances. Le taux de fécondité a également atteint un niveau alarmant, avec seulement 1,56 enfant par femme en 2025, le plus bas depuis la fin de la Première Guerre mondiale.
Les raisons de cette diminution sont multiples. De nombreux couples expriment des préoccupations économiques, se demandant si ils seront capables de subvenir aux besoins d'une famille. Jessica, une mère de 37 ans, confie : "Mon envie d'avoir un enfant est arrivée tard, et je me préoccupe du coût de l'éducation. Nous vivons très bien à deux, et cela me stresse de penser à un enfant". La crainte de ne pas pouvoir gérer la charge financière des crèches, qui peuvent coûter jusqu'à 800 euros par mois, se fait également sentir parmi les jeunes parents.
Face à cette crise, l'Union nationale des associations familiales (Unaf) appelle le gouvernement à revoir sa politique familiale afin d’encourager la natalité et soutenir les familles. Selon plusieurs experts, comme le démographe Gilles Pison, "la France rejoint un constat déjà partagé par de nombreux pays européens, où un solde naturel négatif est de plus en plus fréquent". En 2024, seuls trois autres pays affichent un solde positif, comme l'Irlande et le Luxembourg, tandis que la majorité des nations européennes sont déjà confrontées à cette problématique.
En somme, le tournant démographique que traverse la France soulève de nombreuses interrogations vis-à-vis de l'avenir. Sans une intervention significative pour soutenir les familles, le pays pourrait se diriger vers un vieillissement de sa population avec des conséquences économiques et sociales majeures.







