Le traité de libre-échange entre les nations du Mercosur et ceux de l'Union européenne doit être signé ce samedi 17 janvier au Paraguay, mais les agriculteurs français restent en émoi. Alors que la présidente de la Chambre d'Agriculture de Vaucluse, Sophie Vache, assure qu'il n'est pas trop tard, elle évoque des leviers à activer. "Il serait possible de soumettre le traité devant le Parlement à Strasbourg et d’en saisir la Cour de justice européenne pour ralentir les choses", explique-t-elle.
Certaines filières agricoles, comme celle de la viticulture, pourraient tirer profit de cet accord, mais d'autres, notamment l'élevage, risquent de subir une compétition accrue. Vache ajoute : "Dans l'ensemble, l'agriculture française pourrait sortir perdante, surtout rendue vulnérable par des produits importés qui ne répondent pas aux normes de qualité en vigueur chez nous." Les syndicats agricoles, dont la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs, mobilisent leurs membres, prévoyant une manifestation le 19 janvier le long de la nationale 7, au nord d'Orange.
Selon plusieurs experts, ce traité pourrait être un tournant décisif pour l'agriculture française. Marie-Claude Dupuis, une économiste spécialisée dans le secteur agricole, indique que "les concessions faites par l'Union européenne pourraient mener à des désavantages pour les agriculteurs locaux, tandis que des standards environnementaux moins stricts ailleurs pourraient influencer la compétitivité des produits importés."
La colère des agriculteurs, déjà exacerbée par une situation économique difficile, pourrait se transformer en un mouvement de protestation durable. Dans ce contexte tendu, l’avenir du secteur agricole français semble incertain, alors que plusieurs voix s'élèvent pour appeler à un renforcement des protections locales contre des accords jugés désavantageux.







