Le Conseil d'État a lancé mardi une procédure disciplinaire à l'encontre de son conseiller Arno Klarsfeld, après ses récentes déclarations appelant à l'organisation de "rafles" d'étrangers en situation irrégulière en France. Cette information, confirmée par des sources proches du dossier et rapportée par le Figaro et FranceInfo, a provoqué un vif émoi dans la classe politique.
Dans une intervention sur CNews, Klarsfeld a suggéré qu'il fallait imiter la politique d'immigration stricte de Donald Trump, notamment à travers la mobilisation de forces pour capturer des étrangers en situation irrégulière. "Pour nous débarrasser des OQTF, il faut organiser des grandes rafles, en tentant d'arrêter le maximum d'immigrés", a-t-il déclaré, admettant cependant que cela pouvait mener à des injustices.
Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d'État, a transmis cette affaire à la commission supérieure, pointant un "manquement à la déontologie". Cette commission se compose de membres du bureau du Conseil, d'élus et de personnalités désignées par les institutions de la République. Les sanctions possibles pour Klarsfeld peuvent varier d'un simple avertissement à la radiation.
Participé à un débat télévisé, Klarsfeld a notamment été critiqué pour avoir commenté le viol d’une nonagénaire à Nice, après que l’auteur présumé, un Tunisien en situation irrégulière, ait été appréhendé. "Il est complexe de se défaire de tous les OQTF", a-t-il reconnu.
Ses déclarations ont suscité un tollé, notamment à gauche. Olivier Faure, le leader du Parti Socialiste, a évoqué une possible incrimination pour incitation à la haine, tandis que des députés de La France Insoumise, dont Thomas Portes, ont annoncé des démarches auprès de la justice et de l'Arcom, l'autorité régulatrice des médias.
Mathilde Panot, cheffe de file des députés Insoumis, a également réagi, s'interrogeant sur l'état d'esprit de la société face à de tels discours. "Appeler à la rafle d'étrangers, c'est un dérapage inacceptable", a-t-elle souligné.
Pour se défendre, Klarsfeld a tenté de clarifier ses mots, affirmant que le terme 'rafle' avait un sens différent selon le contexte. "Il ne s'agit pas d'égaler le sort des Juifs déportés pendant la guerre", a-t-il insisté sur le réseau social X, tout en faisant valoir l'importance de la sécurité publique face à la criminalité.







