À l'approche du premier tour des élections municipales du 15 mars, l'heure est à l'analyse des préoccupations majeures des Corses. La sécurité émerge comme le thème central de cette campagne, aux côtés de la mobilité, du logement et de l'attractivité.
Malgré une tendance à la baisse des actes de délinquance en Corse par rapport au continent, où le nombre de cambriolages est quatre fois moins élevé, le ressenti collectif traduit une perception bien différente. Le taux d'homicides sur l'île, trois fois supérieur à la moyenne nationale, reste cependant inférieur à celui de la Guyane. Les violences intrafamiliales, bien qu'en hausse, appellent à questionner davantage les politiques sociales, selon des experts consultés, notamment les sociologues de l'Université de Corse.
Il est crucial de noter qu'une explosion des actes liés aux drogues a été constatée, multipliée par dix dans certaines communes, un phénomène de vente et de consommation qui échappe au regard des policiers, se délocalisant de plus en plus des espaces publics, comme l'indiquent plusieurs rapports du Ministère de l’Intérieur.
Un ressenti de sécurité en décalage
Dans les grandes agglomérations, le sentiment de sécurité varie considérablement, notamment dans des quartiers comme Toga et Lupino à Bastia ou les Jardins de l’Empereur à Ajaccio. Ces zones, marquées par de fortes problématiques sociales, éveillent des inquiétudes palpables chez les habitants. Le sujet de la sécurité y est débattu, mais reste secondaire pour certains candidats, malgré l'angoisse croissante de la population.
Les propositions des candidats à Bastia
Les candidats bastiais s'expriment : la majorité actuelle mise sur les 24 policiers municipaux et le développement de la vidéosurveillance. Julien Morganti plaide pour davantage de caméras et une antenne de police à Lupino, tandis que Jean-Martin Mondoloni insiste sur la nécessité d'une présence communautaire plus forte, sans recourir à des forces policières. Les partis d’extrême droite, comme le RN, font de la sécurité leur priorité, suggérant des solutions devant gaucher les réalités judiciaires. En revanche, la gauche souligne l'importance de l'interaction sociale et de la prévention, comme l’exprime Francis Riolacci.
À Ajaccio, les débats font rage
Ajaccio, louée comme la 2e ville la plus sûre de France selon Valeurs Actuelles, suscite également des inquiétudes. François Filoni, du RN, fait de la sécurité le cœur de sa campagne, tandis que Pascal Zagnoli, du PNC, insiste sur l'ouverture d'une antenne de police dans les quartiers sensibles. Cette volonté de contrôle va cependant à l'encontre des limitations imposées par les prérogatives du maire. Charlotte Cesari, de gauche, évoque le climat de violence digital sur les réseaux sociaux, tout en se distanciant des préoccupations sécuritaires immédiates. La municipalité sortante met en avant ses réalisations, avec 48 policiers et 233 caméras, une stratégie validée par des investissements significatifs.
Alors que les élections approchent, l'enjeu sécuritaire, alimenté par des perceptions divergentes, devient ainsi le fil rouge d'une bataille électorale complexe, révélant à la fois les attentes et les craintes d'une population en constante évolution.







