Samedi soir, à Caussols dans les Alpes-Maritimes, un spectacle de l'humoriste controversé Dieudonné a suscité l'agitation après avoir été interdit par arrêté préfectoral. Malgré cette prohibition, environ 200 personnes se sont rassemblées pour assister à l'événement, défiant ainsi les autorités locales.
La préfecture des Alpes-Maritimes a rapidement réagi en dépêchant des gendarmes sur place pour faire respecter l'arrêté. Selon un communiqué sur X, « Malgré la présence des gendarmes, les spectateurs ont choisi de rester. Les forces de l'ordre ont dû intervenir pour évacuer le public et verbaliser les contrevenants. »
Laurent Hottiaux, le préfet, avait justifié cette interdiction en rappelant les antécédents judiciaires de Dieudonné, soulignant ses multiples condamnations pour des propos antisémites et incitant à la haine raciale. « Les conséquences de ces discours sur l'ordre public sont préoccupantes », a-t-il affirmé.
Ce n'est pas la première fois que Dieudonné se retrouve au cœur de telles controverses. En particulier, un spectacle similaire avait été interrompu par les gendarmes en octobre dernier à Hérin, en raison d'une interdiction judiciaire, confirmée par le tribunal administratif. D'autres événements passés, comme celui de Lestrem en juillet, ont aussi été arrêtés sur des bases semblables.
Cependant, malgré un climat de tension, des fans de l’humoriste continuent de le soutenir. Pour eux, ses spectacles représentent une liberté d'expression souvent piétinée par les autorités. En réponse à ces soutiens, Dieudonné, qui a vu son théâtre parisien fermé en 2017, a optimisé sa présence en se produisant dans divers lieux alternatifs, y compris un bus itinérant.
Les répercussions de cette situation soulèvent des avis divergents. Certains défenseurs de la liberté d'expression, comme l'association Liberté d’Exprimer, plaident pour un encadrement moins restrictif des spectacles, tandis que d'autres, comme le Crif, avertissent des dangers que représentent de tels propos. La question du droit à la provocation reste donc au cœur d’un débat sociétal complexe en France.







