Le 17 janvier, un spectacle de l'humoriste controversé Dieudonné a été interrompu par la préfecture des Alpes-Maritimes, malgré une forte affluence de quelque 200 spectateurs à Caussols, près de Grasse. Cet événement survient suite à un arrêté préfectoral prenant effet le 16 janvier, prohibant la représentation en raison des antécédents judiciaires de l'artiste, notamment pour des propos jugés antisémites et incitant à la haine raciale.
Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, a justifié cette interdiction en mentionnant les conséquences potentielles sur l'ordre public associés à la venue de Dieudonné. Dans un communiqué, la préfecture a déclaré : "Malgré la présence des gendarmes sur place, les forces de l'ordre ont dû intervenir pour évacuer les spectateurs et verbaliser les contrevenants." De nombreux médias, dont Le Monde, relèvent l'importance de cette décision dans un contexte où les spectacles du polémiste divisent la société française.
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, avait également évoqué ces préoccupations lors de précédentes interruptions d'événements de Dieudonné. En octobre dernier, la gendarmerie avait interrompu une représentation à Hérin, tandis qu'un autre spectacle avait été annulé à Lestrem (Pas-de-Calais) pour des raisons similaires. Ces événements mettent en lumière la difficulté d'équilibrer la liberté d'expression et le besoin de maintenir l'ordre public.
Paradoxalement, certains spectacles du polémiste ont été autorisés, comme celui intitulé "Vendredi 13", en janvier 2025, après une décision du tribunal administratif de Paris. Cette ambivalence dans l'application des lois soulève des questions sur la liberté d'expression et les limites auxquelles celle-ci peut être confrontée. Comme l'indique l'expert en droit, Maître Élodie Dufour, "la situation de Dieudonné illustre parfaitement le dilemme entre la liberté artistique et la protection contre des discours haineux".
Depuis 2017, après son expulsion du Théâtre de la Main d'Or à Paris, Dieudonné a adopté un mode de représentation itinérant, ce qui semble accentuer le phénomène de polarisation qu'il suscite. En somme, cette nouvelle interruption s'inscrit dans une constante lutte entre les autorités et un artiste devenu emblématique des débats sur la liberté d'expression en France.







