Emmanuel Grégoire, nouvellement élu maire de Paris, a remporté son poste avec brio face à Rachida Dati, succédant ainsi à Anne Hidalgo, qui met fin à un mandat de 12 ans marqué par des tensions avec son ancien adjoint.
Le socialiste de 48 ans, dirigeant une liste d'union de la gauche hors de LFI, doit maintenant être formellement élu par le nouveau Conseil de Paris, où il jouit d'une majorité solide avec un score de 50,52 % au second tour, neuf points au-dessus de sa concurrente de droite.
Après une cérémonie d'élection, Emmanuel Grégoire se rendra au bureau d'Anne Hidalgo pour une passation symbolique des pouvoirs, marquant la fin d'une époque pour la première femme maire de la capitale.
Ce moment revêt une signification particulière pour Grégoire, qui a été son premier adjoint avant d'être mis à l'écart après l'échec de Hidalgo à la présidentielle de 2022. Son avenir en tant que député pour l'Assemblée nationale semble également se dessiner.
Dès que la candidature du député a été annoncée, Anne Hidalgo a choisi Rémi Féraud comme successeur, provoquant une lutte interne au sein des socialistes de Paris. Malgré des tensions passées, Hidalgo et Grégoire ont récemment échangé une accolade chaleureuse, symbolisant une réconciliation.
"Les clés de la ville sont entre de bonnes mains", a déclaré Hidalgo sur Bluesky, avant de se consacrer à de nouveaux défis, notamment en matière de climat à l'international.
Sans dénigrer le bilan de son prédécesseur, Grégoire s'est engagé à adopter une approche de gouvernance plus accessible, contrastant ainsi avec les critiques qui pèsent sur les pratiques antérieures.
Lors de la passation, il présentera également son équipe au Conseil, élu pour la première fois directement suite à la réforme PLM. La nouvelle majorité, englobant des socialistes, écologistes et communistes, compte désormais 103 conseillers, dix de plus que lors de la précédente mandature.
"Il nous faudra faire vivre cette majorité plurielle", a souligné Grégoire au Parisien, tout en anticipant des moments de tensions inévitables.
- Une opposition affaiblie -
L'opposition a également marqué le coup avec la défaite de Dati, réduite à 51 élus contre 65 en 2020. Dati, réélue, forme un nouveau groupe d'opposition de 32 membres appelé "Paris, Liberté!", aux côtés de Grégory Canal. Ce nouveau groupe inclut des membres de LR, du centre et des indépendants, parmi lesquels des figures comme le député Renaissance Sylvain Maillard.
Les élus de la liste Bournazel, qui s'étaient unis lors du second tour, ont quant à eux créé un groupe distinct de 11 conseillers sous le nom de "Paris apaisé", un slogan repris par leur candidat, Pierre-Yves Bournazel.
Au sein de la gauche, neuf élus LFI feront leur entrée grâce à Sophia Chikirou, qui a promis un changement radical dans la politique parisienne, affirmant que la dynamique ne sera plus simplement entre la droite et le Parti socialiste.
Chikirou a précisé qu'elle continuera d'exercer son mandat de députée, tout en démissionnant de son poste de conseillère régionale, ajoutant à la complexité du paysage politique local.







