Invitée sur les ondes de France Inter, Gisèle Pelicot, co-auteure du livre "Et la joie de vivre" avec Judith Perrignon, évoque son parcours marqué par l'affaire des viols de Mazan, la propulsant au rang de figure emblématique de la lutte contre les violences faites aux femmes.
Lors de l'émission, elle souligne avec force : "Quand on est victime, on n'a rien à se reprocher, on est coupable de rien". Elle rappelle l'importance de "parler et dénoncer" les agressions sexuelles, insistant sur le fait que la honte ne devrait jamais incomber aux victimes. Pour Pelicot, "toutes les victimes se taisent souvent par souci de protection".
Dans son ouvrage, elle partage son témoignage poignant sur le procès des abus dont elle a été victime. À l'approche du procès programmé pour 2024, elle lâche des vérités qui résonnent : "Il est essentiel de déculpabiliser toutes les victimes des violences sexuelles". Elle évoque son propre parcours qui, bien qu'unique, doit servir d'exemple pour d'autres. France Inter.
« Lorsqu'on comprend l'horreur de la situation, il est difficile de passer à autre chose, mais il faut aussi se relever. À 73 ans, il est crucial de réinventer sa vie. », déclare-t-elle, ajoutant que "la solitude du parcours de la victime est extrêmement difficile". Elle reconnaît avoir eu la chance d'être entourée de professionnels qui l'ont aidée à guérir, mais aussi de soutien familial, un élément souvent absent dans ces situations complexes.
Une audience pour libérer la parole
Avec son livre, Pelicot revient aussi sur sa décision de demander une audience publique lors de son procès. Elle souligne l'importance de se faire entendre : “Il est temps que nous, les femmes, reprenions le pouvoir". En tenant tête aux humiliations, elle incarne un véritable espoir pour de nombreuses victimes.
La lâcheté des accusés
Pelicot n'hésite pas à dénoncer la "lâcheté incroyable" des 51 accusés qui, selon elle, se présentent comme des victimes dans la société patriarcale. En tant qu'ancienne compagne de l'homme à l'origine de son calvaire, elle se rendra en prison pour se confronter à lui, espérant trouver des réponses : "Pourquoi nous as-tu fait ça ?"
En conclusion, malgré les horreurs vécues, Gisèle Pelicot affirme avoir retrouvé l'amour et la joie de vivre. "À 73 ans, nous découvrons l'amour comme des adolescents, prouvant que tout est possible, peu importe l'âge".







