L'élection de Mojtaba Khamenei, un religieux de 56 ans et fils de l'ayatollah récemment décédé, marque un tournant dans la politique iranienne. S'alignant désormais sur une ligne dure, Téhéran semble adopter une posture de défiance vis-à-vis des États-Unis et de Donald Trump, dont les réactions sont déjà perceptibles.
Récemment, la milice Hezbollah a prêté allégeance à ce nouveau guide suprême, une décision qui s'accompagne du soutien de milliers de sympathisants sur la place Enghelab de Téhéran. En optant pour Mojtaba Khamenei, dont le père a été abattu lors des premières frappes israélo-américaines, l'Assemblée des experts, noyau religieux au pouvoir, s'engage dans une voie risquée en défiant l'influence occidentale.
Alex Vatanka, chercheur au Middle East Institute, souligne : "Avec Mojtaba au pouvoir, on est dans la continuité. C'est une grande humiliation pour les États-Unis d'effectuer une opération d'une telle envergure, de prendre des risques considérables, et de finir par voir un fils intransigeant succéder à son père." Ce choix de leader n'est pas anodin et pourrait influencer les péripéties à venir dans la guerre en cours, en laissant pressentir des répercussions bien au-delà du Moyen-Orient.
Mojtaba Khamenei, un fervent opposant au dialogue avec l'Occident, pourrait mener une politique radicale. En tant que guide suprême, il détient désormais une autorité cruciale sur les politiques diplomatiques et nucléaires de l'Iran, tout en influençant la direction des élus du Parlement et du Président. Toutefois, sa montée au pouvoir pourrait être grevée par des difficultés internes, notamment des manifestations populaires croissantes et une situation économique précaire.
Depuis la mort de l'étudiante Mahsa Amini, qui a suscité un mouvement social intitulé "Femme, vie, liberté", Mojtaba a déjà été le centre des critiques. Un responsable régional a averti : "Même si le conflit se résout, il y aura une répression intérieure puissante." Ce contexte donne à penser que les libertés individuelles seront davantage menacées durant son mandat.
Né à Machhad en 1969, Khamenei a son parcours ancré dans l'érudition religieuse, bien qu'il n'ait jamais occupé de poste officiel avant cette nomination. Ce choix réapparaît en opposition à la volonté initiale des fondateurs de la République islamique, visant à rompre avec la tradition dynastique des anciennes monarchies. Cependant, avec des témoins de son ascendante sur les rituels, et des soutiens notables dans le militaire et le religieux, il apparaît comme un candidat très préparé.
Les États-Unis et leurs alliés, dont Israël, voient en Mojtaba Khamenei un nouveau défi à leur influence dans la région. Les sanctions américaines qui le ciblent depuis 2019 témoignent de cette préoccupation. Pour les experts, son ascension promet de redéfinir le paysage stratégique du Moyen-Orient dans les années à venir.







