Dans la ville d'Amiens, le paysage politique évolue alors que la majorité sortante, constituée d'une coalition allant du centre aux Républicains, montre des signes de fragmentation. De leur côté, les listes de Léon Deffontaines (Parti communiste) et de Frédéric Fauvet (Parti socialiste) ont décidé de fusionner, la figure communiste choisissant de soutenir le socialiste. Cela a permis l'émergence d'une coalition élargie, incluant également des écologistes, dans le but de rassembler la gauche.
« Les conditions d’un accord avec la France Insoumise au second tour ne sont pas réunies », déclare Frédéric Fauvet lors d'un rassemblement le 3 février, suscitant des applaudissements parmi une centaine de partisans. Ce dernier, qui représente une union de la gauche (PS, écologistes, PCF, Place Publique, Debout !), a pris une position ferme face aux récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon, qu'il qualifie d’« inacceptables ». Fauvet reproche au leader de la France Insoumise, selon Valeurs Actuelles, de déséquilibrer le débat public en France, tout en appelant à un barrage contre le « fascisme », en référence au Rassemblement National.
LFI isolée… pour combien de temps ?
Il est à noter qu'il y a quelques semaines, avant les meetings de Jean-Luc Mélenchon, la France Insoumise avait choisi de se présenter séparément. « Nous souhaitions rassembler l'ensemble de la gauche au premier tour, mais LFI a préféré adopter une stratégie solitaire », explique une électrice, Assia Nouaour, lors d'une distribution de tracts. Lorsqu'on l'interroge sur un éventuel rapprochement au second tour avec LFI, elle reconnaît : « Si Samy Olivier (candidat LFI) obtient un bon score au premier tour… on verra ».
Concernant les dernières déclarations de Mélenchon, Assia Nouaour les décrit comme « refroidissantes », ajoutant que c'est « pas cool ». Une réaction qui laisse planer le doute, évoquant une tension palpable. À côté de cela, le candidat Samy Olivier, représentant de LFI, a décliné de se prononcer sur une éventuelle alliance en cas de second tour.
Centre et droite en ordre dispersé
Pour Aurélien Caron, candidat divers droite n’ayant pas reçu l’investiture de son parti, cette alliance entre LFI et la liste de Frédéric Fauvet semble inéluctable au second tour. Le paysage politique à droite et au centre est cependant fragmenté. Caron mène sa propre liste (DVD), tandis que deux autres candidats issus de la majorité sortante s'ajoutent à la scène, Paul-Éric Decle et Benoît Mercuzot, tous deux classés divers centre, aux côtés du maire sortant Hubert de Jenlis. Le Rassemblement National est représenté par Damien Toumi.
Caron est prêt à soutenir le maire sortant s'il prend la tête des voix au premier tour, ouvrant même la porte à une collaboration avec le RN. Cependant, il émet des réserves sur ce dernier, insinuant que Jenlis ne ferait pas le même choix si la situation était inversée.
À Amiens, la configuration politique est complexe et les alliances qui se forgeront lors du second tour seront déterminantes. Ceux qui sauront s'entendre auront un net avantage vers la victoire, mais il reste à savoir à quel prix cette victoire se concrétisera.







