Jim Walsh, chercheur distingué au MIT et interlocuteur privilégié des autorités iraniennes et nord-coréennes, exprime une inquiétude croissante. Il estime que la guerre en Iran pourrait rendre la dénucléarisation de la Corée du Nord encore plus difficile tout en n'entravant pas le programme nucléaire de Téhéran.
À peine dix jours après le début des hostilités au Moyen-Orient, le devenir du programme nucléaire iranien devient un enjeu majeur. L'administration Trump et son allié israélien parviendront-ils à neutraliser cette menace ?
Dans une interview accordée au Hankyoreh, Jim Walsh souligne les implications inquiétantes de la situation. Les médias sud-coréens portent une attention particulière à ces questions, compte tenu de la proximité géographique de la Corée du Nord. Selon des analyses du Yomiuri Shimbun, Pyongyang aurait déjà accumulé jusqu'à 150 têtes nucléaires.
Walsh met en question la stratégie des frappes aériennes de l'administration Trump, arguant que même si celles-ci restent viables, elles ne suffiront pas à réduire la capacité de Téhéran à développer des armes nucléaires. “Détruire certaines installations ne veut pas dire que cela mettra fin à leur programme”, avertit-il.
Des risques de surenchère nord-coréenne
Pour Walsh, la technologie et le savoir-faire acquis par les scientifiques iraniens en matière d’enrichissement de l'uranium ne peuvent être anéantis par des frappes. “Les scientifiques iraniens travaillent depuis des décennies, et ils ont probablement sécurisé leurs équipements pour éviter d'être ciblés”, note-t-il. En récupérant de l'uranium enrichi stocké à Fordo, ou ailleurs, l'Iran pourrait atteindre un niveau d’enrichissement à 90 % en un temps record.
Walsh souligne également que, contraire aux espoirs américains, un changement de régime en Iran ne serait pas synonyme de fin des ambitions nucléaires. “Cela ne changera rien à la dynamique géopolitique régissant le pays”, affirme-t-il.
Dans ce contexte, les conséquences de ce conflit sur le régime nord-coréen pourraient être alarmantes. Walsh avertit qu’après l'attentat sur l'Iran, “la Corée du Nord pourrait devenir encore plus réticente à envisager la dénucléarisation”. Peu après le début des combats, Kim Jong-un a d’ailleurs célébré l'équipement de sa marine en armes nucléaires.
En résumé, “le second mandat de Trump pourrait déclencher une crise pour le régime de non-prolifération nucléaire”, avertit Walsh.







