Lors d'une intervention sur France Inter, Gérard Larcher, Président du Sénat, a exprimé son opposition claire à toute forme d'alliance entre Les Républicains (LR) et les partis d'extrême droite tels que le Rassemblement National (RN), Reconquête !, ou l'Union de la droite (UDR) d'Éric Ciotti. Cette déclaration survient alors que des élus LR rejoignent ces listes, soulevant des inquiétudes au sein de leur propre parti.
Bruno Retailleau, leader de LR, est resté silencieux sur cette question délicate. Alors qu'il dénonçait la constitution de listes communes entre le PS et la France Insoumise, il a vu sa propre famille politique se fissurer avec des élus ralliés à l’extrême droite. À Nîmes, quatre membres se sont joints au eurodépendant RN, Julien Sanchez. D'autres cas se présentent à Colmar et Béziers, ce qui laisse percevoir une tendance inquiétante de normalisation des alliances à droite.
À l'occasion d'une récente conférence de presse, Pierre Jouvet du PS a rappelé ces rapprochements, évoquant plus de 600 personnalités ayant figuré sur des listes communes entre LR et RN. Il s’agit, selon lui, d’un double jeu de la part de LR, qui proclame son désaccord avec l'extrême droite tout en favorisant des fusions politiques en vue des élections de 2027.
Gérard Larcher a tenu à mettre les choses au clair : "Les LR qui soutiennent ou croisent des listes avec le RN n'ont plus leur place parmi nous." Il s'agit d'un message fort pour dissuader ceux qui seraient tentés de pencher vers une telle alliance, notamment avant le premier tour des élections municipales. Cette déclaration vise à consolider la ligne rigide de LR contre l'extrême droite tout en répondant à la pression croissante du RN, qui, lui, est prêt à envisager des alliances ponctuelles.
Les résultats de sondages récents montrent que base électorale de LR montre une certaine sympathie pour d'éventuels rapprochements avec le RN. Éric Ciotti, dont le soutien à Nice pourrait symboliser un futur redessin des alliances à droite, a été récemment soutenu par François Fillon, une manœuvre qui fait grincer des dents au sein de LR. Un cadre de LR a souligné que Bruno Retailleau, bien qu'il partage probablement les propos de Larcher, semble réticent à se mettre à dos sa propre base à ce stade du processus électoral.







